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Cela fait bientôt sept mois que le collectif JAMAC sest déclaré en « association 1901 », se donnant pour objet « duvrer à létablissement de procédures ayant le double souci de la protection de l'enfant et du respect de la présomption dinnocence en cas daccusation de violences sexuelles dans lÉducation Nationale ». Les motivations et les bases dadhésion à notre association sont développées dans notre 1er bulletin de liaison (septembre 1998).
Pour faire prendre en compte cette question, le Collectif a sollicité les organisations syndicales de lÉducation Nationale, fédérations de parents délèves, et a rencontré ou va rencontrer la FCPE, le SNUIPP, le SNEP, le SNES, le SNALC, la FSU, le SNLC-FO, la FEP-CFDT. Le collectif a aussi rencontré la Ligue des Droits de lHomme et la Fédération de Autonomes de Solidarité. Nos positions ont reçu en général un accueil favorable, mais nous sommes encore loin de la prise en compte de ce problème à un niveau susceptible de faire avancer les procédures, le double souci de la protection de lenfant et du respect de la présomption dinnocence. Nous avons aussi été reçus au Ministère de lÉducation Nationale le 21 octobre 1998. Rappelons nos positions.
| En ce qui concerne lÉducation Nationale: |
La politique du Ministère est illustrée principalement par la circulaire Allègre-Royal du 24 août 1997, qui oblige le signalement au procureur dès quil y a parole denfant, sans intervention de personnes spécialisées dans le recueil et la prise en compte de cette parole, sans vérification de ce que la loi appelle « faits précis et circonstanciés ». Cela entraîne une confrontation à la justice sans précaution et de lenfant et de ladulte concernés, avec des conséquences dramatiques. Il est grand temps de faire le bilan de lapplication de cette circulaire. Tant que cette obligation de signalement à la justice dans ces conditions existera, nous la dénoncerons, et ne passerons pas par pertes et profits les drames injustifiés quelle entraîne.
Dans certaines affaires en notre connaissance, ladministration (locale ou nationale)
- commet des abus de pouvoir (suspensions illégales )
- prend des mesures qui sont des atteintes à la présomption dinnocence, par exemple quand elle passe à mi-traitement un « mis en cause », ou quelle considère quil y a « service non fait » et supprime le salaire (estimant en cela que cette absence de service est intentionnelle de la part du « mis en cause, alors que cest une décision de justice qui limplique). Ces mesures qui ne sont pas des obligations, outre leur mesquinerie, sont des punitions avant jugement,des atteintes à la présomption dinnocence, et augmentent les difficultés que rencontre un « mis en cause » pour se défendre.Rien nempêche techniquement que le « mis en cause » conserve lintégralité de son traitement jusquà la décision de justice finale comme cest souvent le cas, et le respect de la présomption dinnocence commence par cela.
Ladministration va aussi au-delà des jugements lorsquelle met, sans obligation, un « mis en cause » à la retraite anticipée, alors que cette sanction est minoritaire au Conseil de discipline.
| En ce qui concerne la justice: |
Outre la lenteur qui la caractérise, avec les conséquences que cela entraîne sur les personnes qui y sont confrontées, nous estimons que les procédures employées ne donnent pas toutes les garanties que des innocents ne soient pas condamnés.
Dans bon nombre de cas, les enfants ne sont pas écoutés par des spécialistes du recueil et de la prise en compte de la parole de lenfant, et lorsque cela est fait, cest dans des délais importants, alors que tout le monde saccorde pour dire que ce recueil pour être utilisable correctement, doit être fait dans des délais très brefs.
Souvent les « mis en cause » sont condamnés sans que les faits qui leur sont reprochés ne soient prouvés, et même pour certains sans instruction.
Certains témoignages ne sont pas pris en compte lors de linstruction, lorsquelle a lieu.
Il nous semble que la justice ne se donne pas les moyens détablir la véracité des faits, et certaines enquêtes ne sont faites qu « à charge ». Nous avons demandé à être reçu au Ministère de la Justice à ce sujet.
Nous estimons à 300 au minimum le nombre daffaires où des personnes de lÉducation Nationale sont mises en cause. Même lorsque ces affaires sont classées sans suite (ce qui semble le cas pour plus de la moitié), les préjudices pour lenfant et la personne accusée sont difficilement réparables. Le problème est dimportance.
Le Collectif JAMAC na pas pour vocation la défense des « mis en cause » qui sestiment injustement accusés, et il ne se prononce pas sur le fond des affaires. Le souci que nous mettons en avant dintervention de personnels spécialisés dans le recueil et la prise en compte de la parole de lenfant ne protège pas les coupables, bien au contraire. Un coupable doit être sanctionné, et un innocent ne doit pas être condamné. Que chacun assume ses actes! Et il nest pas question de minimiser des faits répréhensibles. Ceci dit, nous espérons que les personnes qui sestiment injustement accusées puissent, en prenant contact avec le Collectif, profiter de lexpérience dautres « mis en cause » et garder leur dignité face à des accusations aussi infamantes.
Une quarantaine de « mis en cause », enseignants ou éducateurs, qui crient leur innocence, ont pris contact avec le collectif .
LE BUREAU DU COLLECTIF JAMAC