Le Collectif JAMAC sest constitué le 9 mai 1998 à partir de personnes autour de cinq enseignants « mis en cause » par des élèves pour gestes déplacés à caractère sexuel, et qui crient leur innocence. Le sigle JAMAC reprend linitiale des prénoms de ces cinq « mis en cause ».
A son Assemblée Générale des 8 et 9 août, le Collectif JAMAC a décidé de se
déclarer en « association loi 1901 », et sest donné pour objet
« duvrer à létablissement de procédures ayant le double souci
de la protection de lenfant et du respect de la présomption dinnocence en cas
daccusation de violences sexuelles dans lÉducation Nationale ». Les
statuts adoptés et la déclaration du 9 mai
1998, que vous trouverez dans les pages qui suivent, sont les bases dadhésion
à notre association et explicitent son objet.
Insistons dabord sur le fait que le Collectif JAMAC se prononce sans
ambiguïté pour la sanction de toute violence sexuelle, notamment des violences sexuelles
à enfant, et pour la sanction de toute protection de comportements coupables de ce point
de vue. Que ceci soit clair.
Le collectif JAMAC na pas pour vocation la défense des « mis en cause »
qui sestiment injustement accusés. Il ne se prononce pas sur le fond des affaires
en sa connaissance, mais intervient sur les procédures. Les procédures actuellement en
vigueur, administratives et judiciaires sont souvent dangereuses dans ce genre
daffaire et pour les enfants, et pour les adultes. Elles conduisent à des drames
humains, pouvant aller jusquà des suicides, et noffrent aucune garantie, pour
un innocent, de ne pas être condamné malgré tout. Cela est illustré par une vingtaine
daffaires en notre connaissance, et par la présence les 8 et 9 août de quatorze
« mis en cause » qui ont pu intervenir sur les procédures dont ils sont ou
ont été lobjet. Ceci est un problème dampleur, où la présomption
dinnocence est souvent bafouée et les enfants confrontés sans précaution à la
justice, et la circulaire Allègre Royal du 26/08/97 sur les violences sexuelles
dans lÉducation Nationale accentue ces dérives.
Les 8 et 9 août étaient présents des éducateurs confrontés aux mêmes problèmes avec
les particularités de leur métier et un groupe de réflexion sur les mêmes bases se met
en place.
Nous avons été contactés par dautres personnes sestimant injustement
accusées ou maltraitées par ladministration de lÉducation Nationale sur
dautres questions que celles des violences sexuelles. JAMAC peut écouter et mettre
en relation ces personnes, mais a fait le choix de concentrer son intervention sur les
accusations de violences sexuelles dans lÉducation Nationale.
Pour exposer et faire prendre en compte son point de vue, JAMAC a demandé une rencontre
aux instances nationales de syndicats de personnels de lÉducation Nationale, aux
Fédérations de parents délèves, à la Ligue des Droits de lHomme, au
Ministère de la Justice et au Ministère de lÉducation Nationale. Suite à cela,
nous avons rencontré en juillet le SNUIPP et le SNEP, et le principe dune rencontre
est arrêté avec la FCPE, le SNALC, et le SNES. Nous relancerons nos demandes auprès des
instances qui nont pas encore répondu.
Le Collectif JAMAC sest constitué pour agir et prendre des initiatives sur cette
question. Vous pouvez nous aider en devenant membre du Collectif si vous voulez participer
à ses réflexions, en vous déclarant sympathisant si vous voulez être mis au courant de
nos initiatives, ou en effectuant un don pour nous aider à financer nos actions, notre
fonctionnement et nos déplacements (voir le bulletin dadhésion).
Nous sommes lucides sur la difficulté de notre tâche et lambition de nos
objectifs. Mais ce sont des questions fondamentales qui ne peuvent laisser indifférentes
les personnes attachées à la protection de lenfant et à la justice.
Benoît BOSSARD